Le baromètre de la sécurité alimentaire est un instrument qui a été développé en 2010 par le comité scientifique (SciCom) institué auprès de l’AFSCA. Celui-ci permet, sur une base annuelle, de se faire une idée de l’évolution de la situation globale de la sécurité alimentaire en Belgique (cf. Avis 28-2010). Le baromètre est basé sur une série d’indicateurs couvrant l’ensemble de la chaîne alimentaire : de l’approche préventive (autocontrôle, inspections) aux conséquences pour la santé publique (toxi-infections alimentaires), en passant par le contrôle des produits (pour la présence de dangers chimiques et biologiques).
En 2018, le baromètre de la sécurité alimentaire a fait l’objet d’une évaluation, ce qui a conduit à une nouvelle version du baromètre, la version 2 (cf. Avis 06-2018). Dans cette deuxième version, un certain nombre d’indicateurs ont été supprimés, reformulés ou fusionnés. Par conséquent, les résultats de la deuxième version du baromètre ne sont pas comparables à ceux de la première version.
Entre 2023 et 2024, le baromètre de la sécurité alimentaire a connu une baisse de 2,0 %. Cela s’explique par une augmentation, par rapport à 2023, du nombre de personnes atteintes par 100.000 habitants de toxi-infections alimentaires collectives (TIAC), de cas de salmonellose, de listériose et de campylobactériose. Ces chiffres négatifs liés aux infections alimentaires ont été partiellement compensés par une évolution favorable du nombre d'entreprises disposant de systèmes d’autocontrôle validés.
Pour l'approche préventive, il existe trois indicateurs liés aux systèmes d'autocontrôle validés et trois indicateurs liés aux inspections favorables. En ce qui concerne les indicateurs relatifs aux systèmes d’autocontrôle, une augmentation du pourcentage d’entreprises disposant d’un système d’autocontrôle entièrement validé a été constatée en 2024. Pour les indicateurs liés aux inspections, la répartition sectorielle a été révisée. Les chiffres de 2023 ont également été recalculés sur la base de cette nouvelle répartition. Une augmentation des inspections favorables relatives à la traçabilité dans la chaîne alimentaire a été observée.
Comme les années précédentes, la conformité des produits est restée globalement très élevée, avec un taux de conformité entre 97 à 99 % pour la plupart des indicateurs.
Seule la conformité concernant la présence de Campylobacter dans les carcasses et les viandes découpées a diminué par rapport à 2023, atteignant 90,6 %.
Les indicateurs relatifs à l’impact sur la santé publique ont connu une évolution défavorable. Le nombre total de personnes impliquées dans des TIAC en 2024 a augmenté par rapport à 2023 (4.248 contre 3.194). Ces résultats sont comparables à ceux de l’année 2022, qui fut une année record avec le plus grand nombre de personnes touchées par 100.000 habitants depuis le début du calcul de l’indicateur. Le nombre de cas de salmonellose, de listériose et de campylobactériose a également augmenté.
L’augmentation de l’indicateur basé sur les toxi-infection collectives humaines montre aussi que la détection des toxi-infections collectives s’est améliorée en Belgique. Ceci est principalement dû à l’utilisation du whole genome sequencing (séquençage du génome entier), une technologie qui permet de relier génétiquement les agents pathogènes détectés dans les aliments à ceux présents chez les personnes malades.
Une attention particulière doit toutefois être portée à l’augmentation des infections causées par listeria, une bactérie dont la particularité est de se développer également à la température de réfrigération. Cette tendance est également constatée dans le reste de l’Europe comme le précise le rapport EFSA de 2023 sur les zoonoses. Une consommation accrue de RTE (ready-to-eat comme les charcuteries, fromages à pâtes molle, produits de mer fumés) et l’âge avancé sont des facteurs de risques bien connus pour ce type d’infection assez grave chez les personnes les plus vulnérables. Cela souligne l’importance de contrôles suffisants et d’un professionnalisme adéquat - qui inclut une forte culture de la sécurité alimentaire - chez les producteurs. Les consommateurs doivent également prendre des précautions simples concernant les risques liés à certains aliments.
Les plaintes en rapport avec la sécurité alimentaire sont aussi de plus en plus facilement rapportées à l’AFSCA.
Evolution par rapport à l'année de référence 2010
Par rapport à 2010, le baromètre de la sécurité alimentaire de 2024 montre une augmentation de 9,9 %. Cela est principalement dû à l’évolution favorable de l’autocontrôle. La conformité des produits reste globalement élevée, avec une évolution favorable concernant la présence de Campylobacter sur les carcasses et les viandes découpées. En revanche, le nombre de personnes signalées pour 100.000 habitants touchées par une TIAC a évolué négativement. Il convient toutefois d’interpréter la comparaison des résultats entre 2024 et 2010 avec prudence, compte tenu des modifications intervenues dans les données collectées, les méthodes d’analyse et les contrôles de la chaîne alimentaire depuis 2010.