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Biosécurité

La biosécurité est un pilier essentiel pour protéger votre élevage. Elle rassemble toutes les mesures destinées à empêcher l’entrée, la propagation et la sortie d’agents biologiques dangereux dans un élevage.

Elle contribue directement à la protection de la santé humaine, animale, végétale et de l’environnement.

👉 Mettre en place une bonne biosécurité, c’est réduire les risques de maladies… avant qu’elles ne deviennent un problème.

La biosécurité externe

La biosécurité externe vise à empêcher les maladies d’entrer dans un élevage… et à éviter qu’elles n’en sortent si elles y sont déjà présentes.

Elle repose sur l’identification et le contrôle des principaux vecteurs pouvant transporter des agents pathogènes d’une exploitation à l’autre.

Dans un élevage, outre des facteurs environnementaux tel que le vent ou des écoulements d’eau souillée, trois éléments essentiels peuvent véhiculer des maladies : les animaux, les humains et les véhicules.

Pour protéger efficacement votre cheptel, il est indispensable de mettre en place des mesures adaptées pour chacun de ces vecteurs : procédures d’entrée des animaux, gestion des visiteurs, hygiène du matériel, circulation des véhicules, zones d’accès limité, etc.

👉 Que faut‑il prévoir ? Quelles sont les bonnes pratiques, les mesures obligatoires et les recommandations à suivre ?

Les animaux : chaque entrée est un moment critique

Tout nouvel animal (achat), ou animal revenant après un déplacement (après un concours ou après une fuite chez un voisin), peut introduire une maladie.

Ce qu’il faut faire :

  • Mettre en place une quarantaine ou un isolement systématique :
    • Pas de contact direct entre les animaux (nez-à-nez)
    • Pas de contact indirect entre les animaux (abreuvoirs, seaux, bottes, cordes, mains, moyens de transport et vêtements de l’éleveur ou du vétérinaire …)
    • Idéalement la quarantaine ou l’isolement se fait dans un bâtiment séparé, avec un matériel dédié.
    • Un traitement contre les insectes est utile pendant la quarantaine, contre les maladies vectorielles (FCO, DNC, Besnoitiose, …)
  • Avant d’intégrer un nouvel animal dans le troupeau, il est indispensable d’attendre l’ensemble des résultats d’analyses (analyses à l’achat / tests à l’introduction).
    • Ces tests permettent de vérifier qu’il ne présente pas de maladie pouvant mettre en danger le reste de l’élevage. Tant que tous les résultats ne sont pas connus et ne confirment pas un statut sanitaire favorable, l’animal doit rester en quarantaine. C’est une étape essentielle pour éviter d’introduire une infection dans votre exploitation. Par exemple, pour l’IBR, il faut attendre le résultat des deux tests espacés d’un mois d’intervalle.
  • Introduire uniquement des animaux ayant un statut sanitaire équivalent ou supérieur
    • Au niveau national
    • Et international : l’animal doit obligatoirement être accompagné d’un certificat sanitaire valide.

Les humains : une voie d’entrée souvent oubliée

Les vétérinaires, négociants en bétail, ouvriers, les techniciens, le clos d’équarrissage… peuvent transporter des agents pathogènes d’une exploitation à l’autre.

Recommandations :

  • Demander aux visiteurs de prévenir avant leur arrivée et surtout avant leur entrée dans l’élevage
  • Limiter l’accès aux étables (pictogrammes, signalisation)
  • Si des personnes doivent entrer dans une étable, exiger de ces personnes :
    • Qu’elles portent des bottes et vêtements propres ou à usage unique.
    • Qu’elles utilisent correctement le pédiluve.
    • Qu’elles lavent leurs mains avec du savon.

Les véhicules : un vecteur à ne pas négliger

Les camions transportant des animaux vivants ou morts présentent un risque important.

Mesures à appliquer :

  • Éviter l’entrée des véhicules dans les bâtiments
    • Organiser un plan de circulation clair (avec un fléchage par exemple)
    • Prévoir une zone dédiée à l’équarrissage pour éviter la proximité avec les animaux vivants (avec un marquage au sol par exemple).
  • Pour les véhicules partagés :
    • Vérifier nettoyage et désinfection avant d’y faire monter des animaux
    • Les rendre nettoyés et désinfectés après usage

La biosécurité interne

La biosécurité interne vise à empêcher la circulation des maladies à l’intérieur même de l’élevage, entre les animaux, mais aussi entre les animaux et les humains.

Même lorsqu’un agent pathogène est déjà présent dans l’exploitation, il est possible — et nécessaire — d’en limiter la propagation.

À l’intérieur d’un élevage, plusieurs situations peuvent favoriser la transmission : contacts entre animaux, manipulation par l’éleveur ou les autres intervenants, matériel partagé, déplacements d’un bâtiment à l’autre ou encore la présence d’animaux domestiques, sauvages ou nuisibles.

Mettre en place des mesures adaptées — organisation des groupes selon le risque, hygiène rigoureuse, procédures d’accès, gestion du matériel — permet de protéger efficacement l’ensemble du cheptel.

👉 Quelles mesures prévoir ? Quelles bonnes pratiques appliquer au quotidien ?

Limiter la transmission des maladies entre animaux

  • Organiser les animaux en groupes selon leur sensibilité ou leur état sanitaire :
    • Les groupes des animaux très sensibles : nouveau-nés, animaux en période de mise bas
    • Les groupe des animaux à risques : animaux malades, achats
      -> Toujours s’occuper des animaux sains et/ou sensibles d’abord, des malades ensuite.
  • Eviter les contacts entre les groupes, et prendre des précautions particulières :
    • Pédiluves propres à l’entrée
    • Matériel et vêtements dédiés par groupe (utilisez par exemple un code couleur)
    • Se laver les mains régulièrement
    • Nettoyage du matériel partagé entre les différents groupes
  • Limiter l’accès d’autres animaux à l’exploitation :
    • Les animaux domestiques ou de la ferme :
      • Les chiens peuvent transporter Neospora caninum, un parasite responsable d’avortements chez les bovins. Ils s’infectent en mangeant des arrière‑faix ou des avortons dans la zone d’élevage, puis excrètent le parasite dans leurs fèces, pouvant contaminer les aliments. Il est donc essentiel de leur interdire l’accès aux zones d’élevage et d’alimentation.
      • Les volailles peuvent être à l’origine de botulisme chez les bovins ; ces épisodes sont peu fréquents mais entraînent des situations particulièrement graves..
    • La faune sauvage :
      • Les sangliers peuvent être porteurs du virus de la peste porcine africaine (PPA), de la maladie d’Aujeszky ou de la brucellose.
    • Les oiseaux sauvages peuvent introduire la grippe aviaire dans les élevages. Il est donc essentiel d’installer des barrières physiques, d’éviter les points d’eau attractifs et de veiller à la bonne fermeture des bâtiments. Ce que l’on appelle les nuisibles regroupe plusieurs catégories d’animaux indésirables :
      • les rongeurs peuvent transmettre la leptospirose,
      • les mouches piqueuses peuvent provoquer des dermatoses nodulaires et des kératoconjonctivites,
      • les oiseaux peuvent être porteurs de salmonelles.

Pour limiter ces risques, un plan de lutte est indispensable, basé d’une part sur la prévention (propreté, rangement), des bâtiments bien entretenus et fermés, une gestion rigoureuse des stocks et, lorsque nécessaire, des actions ciblées de dératisation et de lutte contre les insectes.

Éviter les contaminations croisées entre humains et animaux

  • L’hygiène des mains reste incontournable : l’humain peut transporter des agents pathogènes via les mains, les vêtements ou le matériel. Le lavage des mains est systématique après chaque tâche, avant et après manipulation d’animaux.
  • Prudence face aux agents très résistants dans l’environnement Certaines bactéries persistent des semaines ou mois dans les bâtiments (p. ex. salmonelles, fièvre Q …)

-> Cela signifie qu’il faut :

  • renforcer le nettoyage avant d’accueillir de nouveaux animaux,
  • éviter de déplacer du matériel potentiellement contaminé,
  • nettoyer systématiquement les bottes et mains entre bâtiments.

Les règles essentielles pour un nettoyage et une désinfection efficace

  • Un bon nettoyage élimine jusqu’à 95 % des germes
  • Les désinfectants deviennent inefficaces sur des surfaces sales
  • Pour une désinfection efficace, respecter le mode d’emploi du fabricant à la lettre ;la dilution recommandée, le temps d’action minimal, la température de l’eau …
  • Mieux vaut un bon nettoyage qu’une désinfection mal réalisée

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