Autres informations et services officiels : www.belgium.be

Tuberculose bovine

Qu’est-ce que la tuberculose bovine?

La tuberculose bovine est une maladie présente au niveau mondial, causée par les bactéries du complexe Mycobacterium tuberculosis (M. bovis, M. tuberculosis et M. caprae). Ces bactéries appartiennent à la famille des Mycobacteriae, dont font également partie Mycobacterium avium (tuberculose aviaire) et Mycobacterium avium subspecies paratuberculosis (paratuberculose).

Evolution de la maladie

Les bactéries du complexe M. tuberculosis sont absorbées par voie orale ou respiratoire, pour ensuite se loger dans les ganglions lymphatiques de cette région. Après l’apparition d’une réaction inflammatoire typique (tubercule), les bactéries peuvent se disséminer vers un ou plusieurs organes.

La contamination chez le bovin se déroule souvent en l’absence de symptômes. Les animaux peuvent être infectés de manière latente pendant une période prolongée. Les symptômes n’apparaissent qu’à un stade tardif de la maladie et dépendent de la localisation des tubercules. C’est la raison pour laquelle on parle parfois de tuberculose pulmonaire, de tuberculose pleurale et péritonéale (affectant la plèvre et le péritoine), de tuberculose mammaire et de tuberculose rénale. Les symptômes susceptibles de traduire une contamination des bovins sont : l’amaigrissement, la diminution de la production de lait et, au stade final de la maladie, une toux forte, sèche et brève. Le diagnostic est bien souvent difficile à établir sur base de ces symptôme.

Diagnostic

Les méthodes de diagnostic indirectes

  • Test de l‘interféron gamma
    L’interféron gamma (IFNg) est une molécule médiatrice de la réponse immunitaire cellulaire. Le test utilisé dans le cadre du diagnostic de la tuberculose bovine a pour objet de quantifier la production d’IFNg lorsque les cellules d’un animal sont stimulées en laboratoire avec des antigènes d’intérêts.  Pour obtenir la réponse la plus pertinente, la stimulation par plusieurs antigènes est nécessaire. Le test est réalisé sur un échantillon de sang complet.
  • Test ELISA
    Le test dit « ELISA » vise, quant à lui, à détecter l’immunité humorale c-a-d les anticorps présents dans le sang et dirigés contre les mycobactéries du complexe M. tuberculosis. L’apparition des anticorps étant tardive dans l’évolution de la maladie, ce test permettra principalement de détecter les animaux avec une contamination ancienne. Le test est réalisé sur un échantillon de sérum (sang coagulé).
  • Tuberculination

    La tuberculination n’est plus utilisée qu’exceptionnellement chez les bovins en Belgique.
    Le vétérinaire se fournit en tuberculine auprès de son grossiste en médicaments.
    L’intradermo-tuberculination est basée sur une réponse cellulaire. Cette méthode peut déjà faire apparaître un résultat positif quelques semaines après l’infection. Lors d’une tuberculination, une dose d’antigène de Mycobacterium (tuberculine) est injectée dans la couche profonde de la peau. La tuberculination peut être simple ou de comparaison. La tuberculination simple consiste en l’injection intradermique de tuberculine bovine (B). Lors d’une tuberculination de comparaison on effectue à deux endroits différents une injection intradermique de tuberculine bovine (B) et de tuberculine aviaire (A). La tuberculination de comparaison est moins sensible mais plus spécifique que la tuberculination simple. De façon générale, un animal qui a une réaction positive à la tuberculination simple est ensuite soumis à une tuberculination de comparaison, laquelle ne peut être effectuée qu’au moins 6 semaines après la première tuberculination afin d’éviter des problèmes de désensibilisation.

Les tests bactériologiques

  • PCR
    La technique PCR peut être utilisée pour la détection directe de mycobactéries sur des tissus normaux ou suspects d’être infectés par la tuberculose bovine, ou sur une culture (diagnostic précoce en cas de croissance rapide sur une culture de 2 semaines ou diagnostic tardif sur une culture de 2 mois)
  • Culture
    Les examens au moyen d’une mise en culture sont réalisés au laboratoire national de référence (Sciensano). Le diagnostic de tuberculose bovine ne peut être posé de façon définitive que par un examen post-mortem lors duquel une bactérie du complexe M. tuberculosis est mise en évidence après une culture ou un test PCR.

La tuberculose bovine est transmissible à l’homme !

La tuberculose bovine est une maladie zoonotique : l’homme est donc également susceptible d’être contaminé par cette maladie même si cela reste exceptionnel en Belgique.
Les personnes en contact proche avec des bovins infectés peuvent également être contaminées par inhalation de bactéries expectorées par les animaux. Les personnes qui, dans le cadre de leur profession, entrent en contact avec des bovins (éleveurs, vétérinaires, négociants, personnel d’abattoir,…) courent un plus grand risque d’être infectés par la tuberculose bovine.
Dans les pays où la maladie est endémique, la consommation de lait cru (ou de produits à base de lait cru) issu de bétail contaminé constitue la principale voie de contamination. Il est donc important de faire bouillir le lait cru avant de le consommer.
Les symptômes de la tuberculose chez l’homme sont les suivants : toux chronique, douleur dans la poitrine, fatigue, apathie, amaigrissement et, à un stade ultérieur, hémoptysie (crache du sang).

La situation en Belgique

Depuis le 25 juin 2003, la Belgique est déclarée par la Commission Européenne officiellement indemne de tuberculose bovine. Des foyers sont toutefois encore sporadiquement constatés. Lorsqu’un foyer est constaté, une grande partie des bovins sont souvent déjà atteints. Le graphique ci-dessous présente l’évolution du nombre de foyers de tuberculose survenus en Belgique durant la période 2000 – 2024.

La plupart des foyers sont détectés grâce à l’expertise réalisée à l’abattoir. Les bovins infectés présentent des lésions typiques au niveau des ganglions lymphatiques, des poumons ou des intestins (tubercules caséifiés purulents, granulomes voire de graves abcès). Il arrive qu’à l’abattoir, un animal présente une tuberculose généralisée, avec des abcès dispersés dans les muscles, en plus des lésions aux organes classiquement touchés. Le vétérinaire réalisant l’expertise refuse alors que cet animal rentre dans la chaîne alimentaire. Lorsqu’un foyer est constaté, des foyers secondaires sont bien souvent également découverts suite à l’enquête épidémiologique et au traçage des « troupeaux de contact ».

Situation de la tuberculose par année et communication des foyers et de leur suivi

foyer
2022
09/03/2022 Tableau récapitulatif des foyers de 2021
11/02/2022 Tableau récapitulatif des foyers de 2021
2021
25/11/2021 Tableau récapitulatif des foyers 2021
18/08/2021 Tableau récapitulatif des foyers de 2020 et 2021
15/07/2021 Tableau récapitulatif des foyers 1/2020, 1/2021, 2/2021, 3/2021, 4/2021
14/06/2021 Tableau récapitulatif des foyers 1/2020, 1/2021, 2/2021 en 3/2021
16/03/2021 Tableau récapitulatif des foyers 1/2020, 1/2021 en 2/2021
20/01/2021 Tableau récapitulatif des foyers 1/2020 en 1/2021
13/01/2021 Tableau récapitulatif des foyers 1/2020 en 1/2021
2020
23/12/2020 Tableau récapitulatif des foyers 1/2020

Le programme de surveillance en Belgique

La surveillance de la tuberculose est basée sur :

  • le règlement (UE) 2016/429 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 relatif aux maladies animales transmissibles et modifiant et abrogeant certains actes dans le domaine de la santé animale ;
  • le règlement délégué (UE) 2020/689 de la Commission du 17 décembre 2019 complétant le règlement (UE) 2016/429 du Parlement européen et du Conseil en ce qui concerne les règles applicables à la surveillance, aux programmes d’éradication et au statut «indemne» de certaines maladies répertoriées et émergentes ;
  • l’arrêté royal du 26 janvier 2023 relatif à la lutte contre la tuberculose bovine.

Notre programme de surveillance de la tuberculose bovine est composé des mesures suivantes :

  • Lors de l’achat de bovins nés dans un Etat Membre non-indemne de tuberculose ou dans une zone non-indemne de tuberculose, ou provenant d’un Etat Membre non-indemne de tuberculose ou d’une zone non-indemne de tuberculose ou provenant d’un pays tiers, ceux-ci font l’objet d’un examen à l’aide de 2 tests indirects (ELISA et IFNg);
  • Les bovins nés dans un Etat Membre non-indemne de tuberculose ou dans une zone non-indemne de tuberculose, ou provenant d’un Etat Membre non-indemne de tuberculose ou d’une zone non-indemne de tuberculose ou provenant d’un pays tiers, font l’objet d’un examen à l’aide de 2 tests indirects (ELISA et IFNg) au cours de la campagne hivernale durant les 5 années qui suivent leur introduction sur le territoire belge ;
  • Une expertise post-mortem systématique de tous les bovins abattus. Toute lésion suspecte détectée lors de cette inspection doit être signalée à Sciensano pour analyse;
  • En cas de suspicion, de réaction défavorable aux tests indirects, ou si une lésion suspecte est constatée à l’abattoir, tous les bovins de plus de 6 mois de l’établissement sont alors soumis à 2 tests indirects (ELISA et IFNg). Les bovins présentant des résultats défavorables aux tests font l’objet d’un ordre d’abattage immédiat en vue d’une analyse de laboratoire.. La tuberculose bovine est confirmée lorsque le test PCR et/ou la culture réalisés sur les organes prélevés se sont révélés positifs. Le troupeau concerné est alors déclaré ‘foyer de tuberculose ;
  • En cas de foyer, une enquête épidémiologique étendue est réalisée afin de retrouver tous les troupeaux de contact, c’est-à-dire les troupeaux qui ont intégré des bovins du foyer ou dont certains bovins avaient rejoint le foyer au cours des années précédentes. Tous les bovins de ces troupeaux de contact subissent obligatoirement 2 tests indirects (ELISA et IFNg) et, en cas de résultat défavorable, les bovins concernés font l’objet d’un ordre d’abattage et des prélèvements sont réalisés pour rechercher le complexe M. tuberculosis (PCR et culture)
  • Dans les exploitations qui ont été déclarées ‘foyer de tuberculose’ et qui ont réalisé un abattage total, les bovins font l’objet d’un sondage sérologique (ELISA) pendant 5 ans ;
  • Dans les exploitations qui ont été déclarée « foyer de tuberculose » et qui ont réalisé un abattage partiel, les bovins subissent annuellement 2 tests indirects (ELISA et IFNG) pendant 5 ans ;
  • Un sondage sérologique est réalisé dans une sélection d’établissements qui présentent un risque épidémiologique de contamination par la tuberculose.

Nouvelle approche de la surveillance et de la lutte à partir de février 2021

Réponses aux questions posées lors du webinar

Arbres de décision

Vademecum

Mesures en cas de suspicion dans un établissement

Toutes les mesures de biosécurité sont d’application pour limiter le plus possible le risque de propagation de la maladie.
L’établissement est déclaré suspect de tuberculose et le statut relatif à la tuberculose bovine est « suspendu ». Les échanges de bovins de et vers cet établissement sont interdits. Toutefois, avec l'autorisation de l'AFSCA et à condition que le bovin soit accompagné d'un laissez-passer officiel, il est permis de transférer un bovin directement vers un abattoir désigné. Les bovins atteints ou suspects d’être atteints sont confinés à l’étable et ne peuvent pas avoir de contact direct ou indirect avec les bovins du troupeau.
Dès que l’inspecteur de l’AFSCA l’informe de la suspicion, le responsable du troupeau demande à son vétérinaire d’exploitation de réaliser dans les 30 jours un prélèvement sanguin sur tous les bovins âgés de plus de 6 mois présents dans le troupeau en vue d’effectuer 2 tests indirects (ELISA et IFNg).

Les bovins suspects de tuberculose font l’objet d’un ordre d’abattage (ou d’euthanasie) en vue de réaliser un test bactériologique de mise en évidence du complexe M. tuberculosis.

Les mesures sont levées si,

  • L’ensemble des tests effectués sur les bovins de plus de 6 mois ont permis de conclure que les bovins n’étaient pas suspects ;
  • Les bovins suspects et abattus par ordre ont tous obtenus un résultats négatif au test bactériologique ;

Il est interdit d’utiliser, pour la consommation humaine, du lait cru ou du lait dont le traitement thermique ne permet pas de garantir que les bactéries du complexe M. tuberculosis soient détruites. Le lait des animaux atteints ou suspects d’être atteints ne peut pas être collecté.

Mesures dans le foyer

Toutes les mesures de biosécurité sont prises en vue de prévenir une propagation de l'infection.
Lorsque la tuberculose bovine est confirmée chez un ou plusieurs bovins d'un troupeau, le troupeau reste bloqué et est déclaré foyer.

L’AFSCA réalise une enquête épidémiologique portant sur l’origine de la contamination. Elle identifie les troupeaux de contact et les déclare suspects de tuberculose bovine.

Elle informe également les Autorités de santé publique.
Toute entrée ou sortie de bovins est interdite. Toutefois, avec l'autorisation de l’AFSCA et à condition que le bovin soit accompagné d'un laissez-passer officiel, il est permis de transférer un bovin directement vers un abattoir désigné. Les animaux atteints ou suspects d'être atteints sont mis à l'étable et isolés des autres animaux du troupeau. Les bovins du troupeau ne peuvent avoir aucun contact direct ou indirect avec des bovins d'un autre troupeau.

Tous les bovins de plus de 6 mois présents dans l’établissement sont échantillonnés en vue de réaliser 2 tests indirects (ELISA et IFNg) dans les 30 jours qui suivent la déclaration de foyer. Si au moins un bovin est confirmé suspect de tuberculose après les tests réalisés, l’ensemble des bovins de l’établissement fait l’objet d’un ordre d’abattage.

A la demande de l’opérateur, l’AFSCA peut, sur base de l’enquête épidémiologique et pour autant que le lot concerné ait réagit négativement aux tests indirects, décider d’ordonner l’abattage d’une partie des bovins de l’établissement.

Les chiens, chats, ovins, caprins, camélidés et cervidés détenus dans l’établissement et ayant été en contact avec les bovins sont isolés et peuvent être soumis à un test de détection de la tuberculose.

Les étables, l'infrastructure, les locaux, le matériel,… et tout l'outillage utilisé pour le bétail bovin sont régulièrement nettoyés et désinfectés.
Le fumier, le lisier et le purin sont stockés et traités selon les instructions de l’AFSCA.
Il est interdit d'utiliser le colostrum ou le lait de vaches atteintes de tuberculose pour l'alimentation d'animaux, si ce n'est après un traitement thermique approprié détruisant avec certitude les bactéries du complexe M. tuberculosis
Le lait cru, le lait traité thermiquement et les produits à base de lait provenant d’un bovin atteint de tuberculose bovine ne peuvent pas être mis sur le marché pour la consommation humaine. Le lait et les produits à base de lait produits par des animaux non atteints de tuberculose bovine ne peuvent être livrés qu'à une laiterie, afin d'y subir un traitement thermique détruisant à coup sûr les bactéries du complexe M. tuberculosis.

L’Agence déclare foyer de tuberculose bovine le dernier établissement dans lequel le bovin infecté a séjourné plus de trente jours ou, à défaut, l’établissement où il est né.

En cas d’abattage total, les mesures sont levées lorsque tous les bovins ont été abattus et que l’Agence a pu constater le nettoyage et la désinfection de l’établissement suivant un protocole approuvé et au plus tard 21 jours après le départ du dernier bovin de l’établissement.

En cas d’abattage partiel, les mesures sont levées lorsque les bovins non-abattus et âgés de plus de 6 mois ont été soumis à un test IFNg, avec un résultat favorable, une première fois 2 mois après le retrait du dernier bovins ayant réagi positivement aux 2 tests indirects, et une seconde fois entre 2 et 12 mois après la date du premier test. Les bovins âgés de moins de 6 mois lors du premier test devront être testés lors du 2ème test lorsqu’ils auront atteint l’âge de 6 mois.

 

En cas d’abattage total, le responsable est tenu de faire procéder par son vétérinaire d'exploitation à un sondage sérologique annuel du troupeau durant 5 ans après la levée des mesures.

En cas d’abattage partiel, le responsable est tenu de faire procéder par son vétérinaire d’exploitation à un échantillonnage annuel pendant 5 ans en vue de réaliser 2 tests indirects (ELISA et IFNg) de dépistage de la tuberculose bovine.

Mesures dans les troupeaux de contact d'un foyer

Les troupeaux de contact sont déclarés suspects, et leur statut pour la tuberculose bovine est 'suspendu'. Tout mouvement de bovins vers ou à partir des troupeaux suspects est interdit.

Dans les 30 jours suivant la suspension de statut, tous les bovins de plus de 6 mois doivent être échantillonnés en vue de réaliser 2 tests indirect (ELISA et IFNg). Les bovins suspects d’infections sont maintenus en isolement et font l’objet d’un ordre d’abattage en vue de réaliser un test bactériologique de mise en évidence du complexe M. tuberculosis.

La suspicion est levée lorsque l’ensemble des tests réalisés a permis de conclure que les bovins ne sont pas suspects.

Le départ de bovins d'un troupeau de contact directement vers un abattoir national, sans passer par une étable de négociant ou un centre de rassemblement, peut être exceptionnellement autorisé, et ce moyennant l'accord de l'ULC.

Le transport de veaux de moins de 6 semaines vers un établissement d’engraissement de veaux est possible à condition que ceux-ci soient accompagnés d’une autorisation de transport délivrée par l’ULC. L’établissement de destination est alors placé sous suspicion.
En ce qui concerne le lait, les mesures ci-après sont prises :

  • la laiterie doit être avertie par le détenteur de bétail laitier et seul le lait d'animaux ayant réagi négativement aux 2 tests indirects peut être collecté. La vente directe est interdite.

Tableau de décision – Tuberculose - lait

Tuberculose chez le gibier sauvage

Circulaire relative aux obligations réglementaires des personnes formées en matière d’examen initial du gibier chassé – Appel à la vigilance vis-à-vis des lésions évocatrices de peste porcine africaine ou de tuberculose chez le gibier sauvage